L’Adoration des Mages, Neufchâteau, Vosges

L’église Saint-Christophe constitue, avec celle dédiée à Saint-Nicolas, l’une des deux principales églises de Neufchâteau. Bâtie pour l’essentiel au début du 13è siècle, elle abrite plusieurs oeuvres fort intéressantes, à l’image de celle que j’ai choisi de vous présenter aujourd’hui.

Ce bas-relief en pierre, daté, selon les sources, de la fin du 15è ou du 16è siècle, se trouve dans la chapelle Woeiriot, élevée en 1505 pour l’orfèvre et sculpteur Pierre I Woeiriot, qui travailla pour le duc René II. Le voici :

Eglise St Christophe Adoration Mages

L’oeuvre mesure 85 cm de long pour 45 de haut. Encastrée dans le mur, presque au niveau du sol, et de surcroît mal éclairée, elle ne se laisse pas facilement admirer…

A première vue, le sujet paraît simple : la Vierge, confortablement installée dans un fauteuil, la tête appuyée contre un coussin, reçoit l’hommage des trois Rois, venus apporter leurs présents à l’Enfant. Au-dessus, un ange porte l’étoile qui les guida.

Cependant, certains détails retiennent l’attention. Ainsi, sur la gauche du relief, une femme, debout devant une cheminée, semble préparer un bain… celui de l’Enfant, scène traditionnellement associée à la Nativité ?

Egise St Christophe Adoration Mages

De même, les quatre moutons que l’on aperçoit à droite des Rois Mages, sous un ange jouant de la trompette, n’évoqueraient-ils pas l’Adoration des Bergers ?

Eglise St Christophe Adoration Mages

L’artiste – dont bien sûr nous ignorons le nom – semble donc avoir pris quelques libertés avec l’iconographie traditionnelle, en représentant, en une astucieuse synthèse, trois scènes en une seule. L’originalité de cette composition, jointe à sa charmante naïveté, m’ont beaucoup plu !

Un peu plus tard, j’ai découvert à Bar-le-Duc, au Musée Barrois, un autre relief conçu sur un principe similaire. Là aussi, l’Adoration des Mages constitue le sujet principal de l’oeuvre, dans laquelle le sculpteur a également glissé une allusion à la Nativité… mais cette fois par le biais du boeuf et de l’âne, représentés dans le coin supérieur gauche !

Bar le Duc Musée Barrois

Ayant négligé de noter les indications du cartel, je ne peux guère vous en dire plus sur cette oeuvre…

Avant de quitter la chapelle Woeiriot, n’oubliez pas de lever les yeux : la voûte, constituée d’un réseau de nervures munies de douze clés pendantes, présente en effet la particularité, rarissime, d’être détachée de la voûte supérieure. Mon propos ne vous semble pas très clair ? Regardez la photo, une image vaut mieux qu’un long discours !

Eglise St Christophe chapelle Wiriot

 

 

 

 

 

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